Pourtant, la nuit n'est pas encore tombée… Fonds de dotation Verrecchia, Versailles
Lors de cette bourse de recherches, Alexandre explore la dimension plastique du cyanotype, qui évoque pour lui l’esthétique de l’estampe avec une subtile référence à la sensorialité de la pierre, en écho à l’essence même des fresques antiques.
La solution chromatique jaune du cyanotype capte les rayons solaires pour les imprimer sur un support, notamment le marbre et le calcaire. Lors de l’exposition au soleil, une métamorphose opère, insufflant des teintes bleutées au support. Grâce à la porosité de la pierre et à l’intervention de l’artiste, les mystères qu’elle renferme se dévoilent. Au sein de sa série pourtant, la nuit n’est pas encore tombée, Alexandre Onimus puise son inspiration des pétroglyphes, ces motifs gravés dans la pierre, souvent associés aux peuples préhistoriques. Fréquemment, ils évoquent des dessins liés aux cultes solaires et lunaires, représentant des divinités anthropomorphes. À travers l’interaction avec les rayons solaires, la technique du cyanotype révèle ces divinités d’une époque ancienne, ranimant un culte jadis englouti. Selon Alexandre, le cyanotype révèle grâce au soleil ce que la pierre cachait à nos yeux. Tel un cycle temporel où jadis, le soleil et la lune étaient vénérés, ces astres témoignent d’une vitalité inextinguible qui semble maintenant nous diriger vers notre propre déclin. À l’image de la course du soleil et de la lune, Alexandre nous immerge entre le jour et la nuit. La lueur lunaire reflète le soleil dans cet instant suspendu, où l’heure adopte une teinte bleutée, et le ciel s’habille d’un bleu plus profond que son azur habituel. La lumière naît du bout des doigts, créant un lien immatériel entre le ciel et la terre, instaurant une symbiose entre l’astre lunaire et solaire.